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Antonio Tejero

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Antonio Tejero Molina
Antonio Tejero lors du coup d'État du 23-F.
Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
Antonio Tejero de la MolinaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Allégeance
Formation
Activités
Guardia civil, officierVoir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
Autres informations
Idéologie
Arme
Garde civile (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Grade militaire
Teniente coronel (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflit

Antonio Tejero Molina, né le à Alhaurín el Grande (province de Malaga, Espagne) et mort le à Alzira (province de Valence, Espagne), est un militaire espagnol, officier supérieur de la Garde civile, partisan du régime franquiste. Il est un des principaux organisateurs de la tentative de coup d'État du , connu en Espagne sous le nom de 23-F[1].

Il s'engage dans la Garde civile en 1951 et commande, en tant qu'officier supérieur, les unités de la Garde civile de la province basque du Guipuscoa. Il doit demander sa mutation vers une autre communauté autonome après ses déclarations publiques contre le drapeau basque, l'Ikurriña.

Proche de l'extrême-droite et anticommuniste, il fait partie des organisateurs de l'opération Galaxia en novembre 1978, visant l'arrêt de la transition démocratique espagnole. Le complot déjoué, Tejero Molina est jugé le  ; il écope de sept mois de prison[2].

Il est en poste de capitaine général, commandant la Garde civile de la 3e région militaire lors de la tentative de putsch qui le rend célèbre : le coup d'État du 23 février 1981. Ce jour-là, il prend d'assaut le Congrès des députés à la tête de deux cents hommes, tandis que le général Jaime Milans del Bosch fait quadriller les rues de Valence par ses chars, et que le général Alfonso Armada, gouverneur de Lérida, se présente comme chef d'une nouvelle junte. Le but de ce putsch est de faire basculer la jeune démocratie espagnole vers un retour au régime dictatorial, celui de Franco qu'elle avait quitté six ans plus tôt. Toutefois, les protagonistes n'ont pas forcément les mêmes visions du but exprimé ; pour Tejero, cela doit signifier notamment la chute de la monarchie, tandis que Milans et Armada préfèreraient conserver le régime monarchique[2].

L'échec du coup d'État donne du crédit et de la popularité au roi Juan Carlos qui, par cet événement, obtient la légitimité démocratique qu'il pouvait espérer, après la transition démocratique qu'il avait lancée depuis 1975, date de la mort du caudillo Franco. Tejero Molina est condamné à trente années de prison, comme ses principaux complices. Incarcéré à la prison d'Alcalá de Henares, il bénéficie d'un régime ouvert[pas clair] en 1993 et est libéré sous le régime de la liberté conditionnelle en 1996. Depuis, il partage son temps entre Madrid et sa province natale de Malaga, où il contribue épisodiquement à un quotidien local, Melilla Hoy.

Il fait une apparition, le , avec un autre groupe de personnes à la porte du cimetière de Mingorrubio pour s'opposer au processus d'exhumation et d'inhumation de la dépouille de Francisco Franco[3].

Antonio Tejero meurt le à Alzira, dans la province de Valence, à l'âge de 93 ans. Son décès intervient le jour de la déclassification des documents relatifs à sa tentative ratée de coup d'État[4],[5].

Notes et références

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  1. (fr)« les défis de paix - cf : 27. Entretien de M. Domingo Tabuyo Romero, membre socialiste du Congrès des députés, réalisée par les élèves de IES Xunquerai - Pontevedra (Espagne) », sur www.senat.fr (consulté le ).
  2. a et b Matthieu Trouvé, « Des généraux contre la transition démocratique. Armée, anticommunisme et déstabilisation de la démocratie en Espagne (1975-1982) », Les Cahiers de Framespa. e-STORIA, no 36,‎ (ISSN 1760-4761, DOI 10.4000/framespa.10634, lire en ligne, consulté le )
  3. (es) « Antonio Tejero es recibido con gritos de apoyo en el cementerio de Mingorrubio », sur La Vanguardia, (consulté le )
  4. Le Monde avec l'AFP, « Antonio Tejero, auteur du putsch raté en 1981 en Espagne, est mort le jour même où les documents classifiés sur le coup d’Etat ont été rendus publics », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  5. (es) Óscar López-Fonseca et José Manuel Abad Liñán, « Muere Antonio Tejero, protagonista del intento de golpe de Estado del 23-F, el día que se desclasifican los papeles secretos », sur elpais.com, (consulté le ).

Articles connexes

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Liens externes

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